Chapitre IV

En hommage à tous les poilus

En hommage à tous les poilus

 

 

Le Drapeau


Mes enfants, je sais bien que je vous ai souvent rebattu les oreilles avec mon Drapeau, mais il me semble pourtant nécessaire que j'en reparle ici. Vous allez vite comprendre pourquoi.

Voici un texte assez long de Jules Claretie, que m'a communiqué une amie forumeuse de « Pages 14-18 », en 2006. Selon elle, on peut le trouver en page 5 du Manuel d'infanterie à l'usage des sous-officiers, des candidats ss-officiers, des caporaux et élèves-caporaux (édition Henri Charles Lavauzelle 1914), manuel que je ne possède malheureusement pas.

Or si ce texte m'a intéressée, c'est parce qu'il semble de la même veine que celui que je déclamais lorsque j'étais enfant. Je vais donc vous en reparler, mes enfants, après ce document :

..." Il faut avoir été soldat, il faut avoir passé la frontière et marché sur des chemins qui ne sont plus ceux de la France; il faut avoir été éloigné du pays, sevré de toute parole de la langue qu'on a parlé depuis l'enfance; il faut s'être dit, pendant les journées d'étapes et de fatigue, que tout ce qui reste de la patrie absente, c'est ce lambeau de soie aux trois couleurs françaises qui clapote là-bas au centre du bataillon; il faut n'avoir eu, dans la fumée de la bataille, d'autre point de ralliement que ce morceau d'étoffe déchirée pour comprendre, pour sentir ce que contient dans ses plis cette chose sacrée qu'on appelle le Drapeau.

Le drapeau, mes amis, mais, sachez-le bien, c'est, contenu dans un seul mot, rendu palpable dans un seul objet, tout ce qui fut, tout ce qui est la vie de chacun de nous : le foyer où l'on naquit, le coin de terre où l'on grandit, le premier sourire d'enfant, le premier amour du jeune homme, la mère qui vous berce, le père qui gronde, les premiers ans, la première larme, les espoirs, les rêves, les chimères, les souvenirs; c'est toutes ces joies à la fois, toutes enfermées dans un mot, dans un nom, le plus beau de tous, la Patrie.

Oui, je vous le dis, le drapeau, c'est tout cela; c'est l'honneur du régiment, ses gloires et ses titres flamboyant en lettres d'or sur ses couleurs fanées qui portent des noms de victoires; c'est comme la conscience des braves gens qui marchent à la mort sous ses plis; c'est le devoir dans ce qu'il a de plus sévère et de plus fier, représenté par ce qu'il y a de plus grand : une idée flottant dans un étendard.

Aussi bien, étonnez-vous qu'on l'aime, ce drapeau parfois en haillons, et que, pour lui, on se fasse trouer la poitrine ou broyer le crâne. Il semble que tous les cœurs du régiment tiennent à sa hampe par des fils invisibles. Le perdre, c'est la honte éternelle. Autant vaudrait souffleter un à un ces milliers d'hommes que de leur arracher, d'un seul coup, leur drapeau.

Non, non, cent fois non! Vous ne comprendrez jamais ce que peut souffrir un homme qui sait que son drapeau est demeuré, comme une partie intégrante du pays, aux mains de l'ennemi. C'est une idée fixe, qui dès lors, le torture et le déchire. Le drapeau est là-bas! Ils l'ont pris, ils le gardent. Nuit et jour, il y songe, il en rêve, il en meurt parfois.

Qu'est-ce qu'un drapeau? Vous me direz : Un symbole ...et qu'importe qu'il figure, ici ou là, dans une revue ou une apothéose? Symbole, soit; mais tant que l'espèce humaine aura besoin de se rattacher à quelque croyance saine, mâle et vraie, il lui en faudra encore, de ces symboles dont la vue seule remue en nous, jusqu'au fond de l'être, tous les généreux sentiments, tout ce qui nous porte vers le dévouement, le sacrifice, l'abnégation et le devoir. "


Pour ce qui me concerne, je présente donc maintenant un autre texte que j'ai "déclamé" haut et fort lorsque j'avais 8 ans, c'est-à-dire tout de suite après la libération, en 1945, devant une salle comble (à Nancy, bien sûr) et qui m'a permis de remporter un succès énorme. Je devrais plutôt dire que c'est ce texte qui a remporté un succès délirant, pas moi !

J'ai toujours supposé qu'il était bien antérieur à la 2ème guerre mondiale, en raison des termes employés, mais ce n'est qu'une hypothèse. Date-t-il de 1918, ou même de 1870 ?.. De plus, j'ignore de qui il est, ...et cela me turlupine depuis longtemps, vous le constatez !

Voici donc ce texte que je connais encore par cœur :

"Le drapeau.

Petite chose en apparence, grande chose par ce qu'elle signifie.
N'est-il pas le signe auquel se reconnaît une nation ?
Ses faces historiques, ses institutions, ses lois, ses coutumes, sa vie, tout est là !
Là, dans ce morceau d'étoffe que les vents tourmentent et qui pend négligemment sur sa hampe.
Il se lève, on se lève avec lui.
Il marche, on le suit.
Il s'agite dans la mêlée, on l'entoure, on le défend au péril de sa vie.
Les balles, les sabres, la mitraille se disputent ses lambeaux.
Ce n'est plus qu'une guenille.
Et devant cette guenille abreuvée de gloire, les tambours battent, les clairons sonnent la charge.
Debout, citoyens, c'est la France qui passe !..."


Et toute la salle s'est levée effectivement. Quelle époque !


Alors, qui peut m'aider à identifier l'auteur de ce texte patriotique ?.. J'ai vainement cherché sur Internet.

Quelqu'un m'a déjà répondu : " Si ce n'est pas du Déroulède, c'est comme si ! "

Un autre m'a dit : " Il est tout à fait possible que ce texte soit de votre grand-père ou d'un auteur inconnu, inspiré par les circonstances, de ce moment ou d'un précédent.
La "mitraille" désigne en fait très tôt tout ce qui sort de la bouche d'une arme à feu, spécialement des canons, que l'on chargeait " à mitraille", débris métalliques de toutes sortes, destinés au personnel. Sont apparues ensuite les "boites à mitrailles", enveloppes en cuivre de billes de plomb, créant l'effet d'un gros coup de fusil de chasse.
Ainsi le texte pourrait remonter à l'Empire ... "


Figurez-vous que j'en suis arrivée, à mon tour et après "moultes" recherches vaines, à me demander si ce n'était pas tout bonnement mon grand-père (Gaston), bien imprégné de tout ce qui s'était dit et écrit à son époque, qui avait écrit ce petit texte pour je ne sais quelle occasion, et si ce n'était pas ma grand-mère (Irène) qui me l'avait appris comme une récitation, en souvenir de son mari !...

Donc, merci de m'offrir d'autres hypothèses (autres que Jules Claretie, Paul Déroulède, ou Gaston Ducloux!)

 

En hommage au 146ème RI

 

En construction...


Revenons à notre 146ème RI, évoquons son propre drapeau et l'historique de ce régiment.

(cliquez sur les vignettes)

En hommage au 146ème RI


En hommage au 146ème RI

 

Pour l'Historique du 146ème RI, voir :

En hommage au 146ème RI

Attention : Pour accéder à ce document, copiez l'adresse suivante, bonne lecture ...et MERCI Jérôme !...

www.pages14-18.com/B_PAGES_HISTOIRE/HISTORIQUES_FRANCAIS/INFANTERIE/RI146_Histo.pdf


Organigramme du 146ème RI

146e RI (au 3 août 1914) - Source : JMO
(Note : quelques petits doutes sur l'orthographe de certains patronymes.
Et voir une information complémentaire en note de bas de page)

Etat Major
BÉROT Colonel
HENRIOT Médecin Major de 1ère classe, chef de service
VOISIN Capitaine adjoint au chef de corps
PHILBERT Lieutenant d'approvisionnement
LÉPINE Lieutenant chargé des détails
DELBOVE Chef de musique
DUPUIS Lieutenant commandant la 1e section de Mitr.
BARIAT Lieutenant commandant la 2e section de Mitr.
LUCOT Lieutenant commandant la 3e section de Mitr.
BERTRAND Porte Drapeau
BACHELIER s/Lieutenant chargé du Service téléphonique

1e Bataillon
E.M.
DAVID Chef de Bataillon
MORLOT Médecin Aide Major de 2e classe de réserve


1e Cie
SERPAUT Capitaine
SCHLUMBERGER (*) Lieutenant
LEVY VALENSI s/Lieutenant de réserve


2e Cie
GARDET Capitaine
KRAEMER s/Lieutenant
DENIS s/Lieutenant
GUIDIE s/Lieutenant de réserve


3e Cie
ROBERT Capitaine
TROPET s/Lieutenant
CORNET s/Lieutenant de réserve


4e Cie
LOUCHET Capitaine
MAISSE Lieutenant
FOURNET s/Lieutenant
DUMESNY s/Lieutenant
CLAUSSE s/Lieutenant de réserve

2e Bataillon
E.M.
DOMBIOS Chef de Bataillon
THOMASSIN Médecin Aide Major de 2e classe de réserve


5e Cie
GIRARD Capitaine
COTE Lieutenant
EVRARD s/Lieutenant
POIREL s/Lieutenant de réserve


6e Cie
COLMET DAAGE Capitaine
HUMBERT Lieutenant
MORAT s/Lieutenant
SCHALL s/Lieutenant de réserve


7e Cie
BAR Capitaine
TASSAUX Lieutenant
LAURENT s/Lieutenant
BOISARD Lieutenant de réserve


8e Cie
ARNOULD Capitaine
GUILLAUMIN s/Lieutenant
De la BOUCHARDIÈRE s/Lieutenant (erreur JMO : Il s'agit de la Fouchardière)
LIGEROT s/Lieutenant de réserve
BLIN s/Lieutenant de réserve (Forestière)

3e Bataillon
E.M.
DETHOREY Chef de Bataillon
BILLAUDEL s/Lieutenant de réserve (Forestière)
AUBLANT Médecin Aide Major de 2e classe
9e Cie
GEOFFROY Capitaine
BARRA s/Lieutenant de réserve
ETIENNE s/Lieutenant
RISPAL s/Lieutenant


10e Cie
FIATTE Capitaine
NAUDIN s/Lieutenant de réserve
CROUZIER s/Lieutenant
VAIDY s/Lieutenant
11e Cie
COLLESSON Capitaine
MAZIÈRES Lieutenant
GARILLON s/Lieutenant de réserve
GAUCHE s/Lieutenant


12e Cie
CORDA Capitaine
PUJOL Lieutenant
MARODIER s/Lieutenant
POIMBEUF s/Lieutenant de réserve

L'effectif du Régiment en hommes de troupe est de : 3183 hommes.
Le nombre des chevaux est de : 248.

___________________________________
(*) Villemoustaussou, 19 avril 1915 - extrait d'une lettre du Sergent DUCLOUX Désiré, dit Gaston :

"Ma bien chère Irène
Un petit mot cet après-midi avant de partir à une revue. On décore mon capitaine, M. Schlumberger, de la croix de la Légion d'honneur. Il a eu l'œil arraché par une balle dans un combat livré dans la Somme."

 


à suivre

 

***



En hommage au 147ème RI

 

En construction...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

***



Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?


Mes enfants, vous vous demandez ce qu'était Beauséjour, en réalité ?

Je pense que je peux vous répondre simplement :


- Ce furent d'abord un hameau constitué essentiellement d'une ferme isolée près d'un ruisseau, le ravin de ce ruisseau et un bois.


- Puis ce furent un fortin, des tranchées et des ruines...


- Enfin, côté humain, ce fut une exclamation de mon grand-père qui a défini le mieux ce que c'était : « Tu parles d'un beau séjour !.. »


AVANT

Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?

Source : Galichet Editeur, dans le Petit Journal de Sainte-Ménehould

 


PENDANT ET APRES

Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?

Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?

Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?

 

Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?

Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?

 

 

Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?

Annexe 1 : Qu'était BEAUSEJOUR ?

 

 



test

test

Informations

an image

...